Contexte
Le Crapaud vert, Bufotes viridis, est une espèce à fort enjeu de conservation en France, concernée par un second Plan national d’actions couvrant la période 2026–2035. Sa répartition historiquement connue en France concerne principalement le Grand Est et la Corse. En mai 2024, un mâle chanteur a été découvert sur la commune d’Aramon, dans le Gard, au sein de la zone humide des Paluns. Cette observation constituait la première mention documentée de l’espèce dans le Gard et, plus largement, dans le sud de la France continentale.
Les suivis réalisés depuis cette découverte montrent désormais une situation bien différente d’un simple individu isolé. En 2026, 2 113 individus différents ont été identifiés par photo-identification sur le site de référence. En parallèle, 39 sites aquatiques ont été prospectés autour d’Aramon et au moins 11 étaient occupés par le Crapaud vert. Des observations ont également été obtenues à plusieurs kilomètres du site initialement connu. La population apparaît donc installée et distribuée sur un réseau de sites en cours de caractérisation.
Ces résultats font émerger deux questions prioritaires pour 2027. La première concerne l’expansion spatiale de la population et la dynamique de colonisation de nouveaux sites. La seconde concerne les effets éventuels de cette colonisation sur les communautés locales d’amphibiens, en particulier sur les espèces partageant des habitats pionniers similaires. En complément, la Jacotte constitue un site de référence sur lequel une série démographique a été initiée en 2026 et mérite d’être poursuivie de manière ciblée.
Objectif général du stage
Caractériser l’expansion spatiale du Crapaud vert dans le Gard et évaluer les premiers effets de sa colonisation sur les communautés locales d’amphibiens, tout en poursuivant un suivi démographique ciblé du noyau de référence de la Jacotte.
Objectifs opérationnels
Questions scientifiques principales
Missions confiées 1. Prospections spatiales et suivi de l’occupation
2. Suivi des communautés d’amphibiens
3. Suivi démographique de référence à la Jacotte
Méthodes envisagées
Les analyses pourront mobiliser des modèles de capture, marquage, recapture, des modèles de site occupancy prenant en compte la détectabilité, des analyses cartographiques sous SIG et des approches descriptives ou statistiques permettant d’explorer les facteurs associés à la présence de l’espèce.
Encadrement
Le stage sera basé au CEN Occitanie et encadré par Celia Grillas, avec un co-encadrement scientifique assuré par Antonin Conan, EDF R&D.
Le projet sera mené en lien étroit avec les acteurs déjà impliqués dans le suivi du Crapaud vert dans le Gard, notamment le CEN Occitanie, l’EPTB Gardons, l’OFB, EDF R&D et les partenaires naturalistes locaux. Cette organisation permettra d’associer connaissance fine du territoire, expertise herpétologique, appui méthodologique et réflexion appliquée à la conservation.
Conditions du stage
Stage conventionné à destination d’un ou d’une étudiant(e) de Master 2 d’une durée de 5 à 6 mois, à réaliser en 2027 à partir de février/mars.
Le stagiaire sera base dans les locaux de l’antenne gardoise du CEN Occitanie sur la commune de Parignargues. Des déplacements réguliers sur le terrain seront réalisés dans le secteur d’Aramon, dans le Gard.
Travail de nuit régulier pendant la saison de terrain qui sera réalisé en binôme.
Des voitures de terrains seront mobilisables.
La gratification sera conforme à la réglementation en vigueur (4,50€/h).
Candidature
Les candidatures comprendront un CV, une lettre de motivation et, si disponible, un court exemple de rapport, mémoire ou travail scientifique antérieur.
Les candidatures devront être envoyées à l’adresse recrutement@cen-occitanie.org avec absolument en objet « Candidature au stage sur le Crapaud Vert – Gard »
Date limite de candidature : le 02 novembre 2026
Contacts :
celia.grillas@cen-occitanie.org
Le stage s’adresse à un ou une étudiante de Master 2 en écologie, biologie de la conservation, gestion de la biodiversité ou discipline proche.
Le profil recherché devra présenter un intérêt marqué pour l’écologie des amphibiens, les suivis de terrain nocturnes et l’analyse de données. Une première expérience en herpétologie, en CMR, en SIG ou en analyses sous R sera appréciée.
Le permis B est fortement souhaité, en raison des déplacements nocturnes sur différents sites. Le ou la stagiaire devra être autonome, rigoureux, à l’aise avec le travail de terrain nocturne, et motivé par un sujet mêlant recherche appliquée, conservation et gestion d’une population introduite à fort enjeu.