printemps-été 2027, master / ingénieur
I Cadre général
La forêt urbaine est définie comme l'assemblage de tous les arbres à l'intérieur des limites de la ville, des arbres isolés aux jardins, parcs et bois Elle est aujourd'hui fortement présentée comme un outil central pour faire face aux problèmes de changement climatique dans les villes [3] ou déjà rendue publique comme la solution dans la presse régulière (Le Figaro 22 juillet 2019, Libération 26 juillet 2019).
Cependant, les plantes ligneuses, arbres / arbustes traditionnellement utilisées ne sont pas toujours adaptés à des contraintes environnementales exacerbées par le contexte urbain et par le changement climatique. Notamment, les températures en zone urbaine sont déjà entre 4 et plus de 10 degrés (ilots de chaleur) supérieures à celles en zone non urbaine. Les arbres souffrent déjà de ces chaleurs estivales, qui associées aux sécheresses, se traduisent par des changements de couleur des feuilles, des pertes de feuilles, de branches, ou peuvent conduire à la mort de l’arbre.
Bien sûr, l’effet de ces contraintes dépendent de la situation dans la matrice urbaine, au sein de milieux très artificialisés (ex. trottoir bitumé) ou de zones plus naturelles (ex. parc). Pour rafraîchir la ville, il faut donc tout d’abord comprendre quelles espèces et en quelle situation seront capables de continuer à vivre et fonctionner sous les fortes chaleurs.
La forêt urbaine de Bordeaux Métropole est constituée de plus de 1000 espèces et variétés, mais environ 500 constituent 90% des arbres (https://opendata.bordeaux-metropole.fr/explore/dataset/ec_arbre_p/information/?disjunctive.insee ).
Au laboratoire, il est possible de mesurer des traits traduisant les capacités de résistance à la sécheresse (résistance à la cavitation du xylème, P50) et à la chaleur (résistance du photosystème II à la chaleur, T50) que nous proposons d’utiliser afin de caractériser la variabilité de ces critères physiologiques au sein de la FU. Les bases de données ont été constituées à partir des bases de données disponibles (XFT https://xylemfunctionaltraits.org/ ; TRY), de la bibliographie et des mesures réalisées entre 2019 et 2026. Des traits morphologiques (épaisseur de feuille, profondeur racinaire) permettent de caractériser les potentialités d’évitement de la sécheresse.
Dans une approche multi-trait, notre objectif est de caractériser la vulnérabilité de la forêt urbaine de Bordeaux, par l’analyse spatiale de la répartition des espèces, mais aussi des traits des espèces. Nous proposons aussi sur un échantillonnage d’espèces et de situations au sein de la matrice de réaliser une comparaison de nos indicateurs avec des mesures de caractères physiologiques et morphologiques liés à la résistance au stress sur le terrain.
II- Programme de stage
La réalisation du stage repose sur 2 volets, le principal étant l’analyse spatiale des données, le second la participation à des mesures de terrain
1 – Analyse spatiale de la vulnérabilité de la forêt urbaine
Notre objectif est de pouvoir établir une analyse cartographique et spatiale de la vulnérabilité de la forêt urbaine de Bordeaux Métropole.
Celle-ci reposera sur une analyse croisée de la répartition spatiale des traits physiologiques et morphologiques assemblés dans nos bases de données, mais aussi sur l’analyse des corrélations spatiales de la composition spécifique. Notre hypothèse est que l’absence de diversité associées à des vulnérabilités physiologiques élevées permettent d’identifier les zones à risques dans la forêt urbaine.
Ceci permettra de conseiller les gestionnaires sur les choix d’espèces et les territoires à surveiller.
2 – évaluation de l’indicateur de vulnérabilité
Sur une cinquantaine d’espèces caractérisées au laboratoire pour la résistance à la cavitation et chaleur, nous proposons d’évaluer leur résistance in situ par mesures de notations de dépérissement (protocole dépéris, changement de couleur des feuilles, teneur en eau) au printemps et en été 2027. Selon les dates et les profils des étudiants, ce volet sera adapté.
Nous travaillerons en situations urbaines contrastées, ilots de chaleur, ilot de fraîcheur, alignement de rue, identifiés par extraction des données Copernicus (https://land.copernicus.eu/en/products/high-resolution-layer-imperviousness , https://cds.climate.copernicus.eu/datasets/sis-urban-climate-cities?tab=overview )
III Compétences acquises durant le stage
Analyses statistiques (R), cartographie (SIG)
Mise en place d’un protocole scientifique (analyse spatiale, notations Deperis au printemps, échantillonnage terrain si stage d’été)
Présentation et restitution des résultats
Le stage se déroulera idéalement entre Mars et Août 2027, ou Janvier-Juin 2027, au sein de l’UMR BIOGECO, INRAE –Université de Bordeaux, dans les locaux de l’Université de Bordeaux (Bat B2 allée G St Hilaire 33600 Pessac).
Il sera rémunéré au tarif actuel légal, environ 620 euros par mois
Envoyer CV et lettre de motivation :
Encadrement : Annabel Porté
Unité de recherche : BIOGECO
E-mail : annabel.porte _at_ u-bordeaux.fr
Etudiant(e) master, ingénieur ou césure
Spécialité Géomatique, ou Ecologie avec forte composante analyses de données spatiales
Goût pour analyses de données, terrain
Capacités rédactionnelles en français