Proposition de STAGE de Master 2 pour l’année 2026-2027
Quantifier les effets de la fertilisation minérale (N, P, K) sur les traits fonctionnels d’espèces végétales prairiales, en présence ou non de faune du sol, en conditions contrôlées
Contexte
L'estuaire aval de la Seine est un territoire fortement anthropisé par la mise en place d'un certain nombre d'ouvrages limitant l'effet de la marée sur les zones alluviales latérales. La Réserve Naturelle Nationale de l’Estuaire de la Seine (RNNES), localisée au niveau de l’embouchure de la Seine, abrite un ensemble de milieux typiques et remarquables à l'échelle européenne tels que les milieux subtidaux, les vasières, les prés salés, les mares, les roselières et les prairies humides, situés à l'interface entre terre et mer ainsi qu’une faune et une flore remarquables à préserver. La Réserve est ainsi composée de plusieurs unités paysagères dont les marais endigués consécutifs à la mise en place des digues insubmersibles (nord de la réserve). Cet espace composé de roselières et de prairies humides concilie la préservation des milieux et des espèces mais doit également intégrer dans sa gestion les activités humaines. Les prairies sont ainsi façonnées par la gestion hydraulique, via l’ouverture et la fermeture des buses et vannes à clapet générant des gradients d’inondation et de salinité, les activités agricoles (fauche, pâturage, fertilisation), les activités cynégétiques (mares de chasse) et les activités de loisirs (sentiers découvertes, animations naturalistes). Leur conservation et leur gestion représentent ainsi un défi majeur pour le gestionnaire qui s’appuie sur cela pour son plan de gestion (4ème PdG).
Les usages agricoles autorisés par le PdG sont la fauche et le pâturage extensif (bovins). À l'échelle de la Réserve, la pratique la plus répandue est la fauche qui représente plus de 60 % de la surface. Cependant, une gestion mixte associant fauche et pâturage de regain a tendance à se développer depuis quelques années (4ème PdG). La gestion agricole menée sur les prairies humides peut être accompagnée d’une fertilisation encadrée autorisant un apport d’engrais minéral strictement limité à la valeur maximale de 40 kg (NPK)/ha/an quel que soit le mode de gestion, fauche, pâturage ou mixte.
Ce sujet de stage s’insère dans le projet FERTI (effet de la FERTIlisation sur la biodiversité et la production des prairies humides de l’estuaire de Seine), financé par la Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL) et la Région Normandie et co-porté avec la Maison de l’Estuaire (MdE), le laboratoire ECODIV, la Chambre Régionale d’Agriculture Normandie et le Groupement des Exploitants des Prairies Alluvionnaires de l’Estuaire de la Seine (GEPAES). Ce projet a pour objectif de tester l’effet de la fertilisation minérale sur la diversité floristique et de faune du sol, sur un dispositif de suivi in situ des prairies humides de la RNNES. Cette approche in situ est complétée par une expérimentation en conditions contrôlées.
Afin d’évaluer les effets de différents apports d’engrais minéraux (azote seul et mélange NPK) sur plusieurs espèces végétales (typiques des prairies humides) en présence ou non de faune du sol. Le but est de comprendre plus finement les réponses des espèces testées à l’apport de cette fertilisation et de faire le lien avec l’approche observationnelle sur le terrain. La/le stagiaire devra, en soutien à la doctorante, aider à mettre en place l’expérimentation (du semis à la récolte finale) et réaliser des mesures de traits fonctionnels (e.g. mesures de croissance, d’activité photosynthétique, de biomasses, de surface foliaire, de teneurs en éléments C et N).
À plus longs termes, les résultats de ces travaux permettront de nourrir les réflexions sur l’élaboration du futur plan de gestion de la réserve de l’Estuaire prévu pour 2028 et de statuer sur l’autorisation ou l’interdiction de la fertilisation.
Objectif et missions
Au cours du stage, le/la stagiaire sera amené·e à :
• Gérer en soutien à la doctorante l’expérimentation : mis en place des semis, arrosage
• Réaliser avec la doctorante les mesures de traits de la faune du sol et de la flore
• Analyser les résultats préliminaires
• Rédiger un rapport de stage
• Apporter un soutien à l’échantillonnage de terrain et à l’identification taxonomique de la faune du sol
Lieu, durée et conditions du stage
• Structure d’accueil : Laboratoire Ecodiv USC INRAE 1499, Université de Rouen, UFR Sciences et Techniques, Bâtiment n°44, Place Emile Blondel, 76821 Mont-Saint-Aignan Cedex.
• Durée : 6 mois, de Février à Juillet 2027.
• Conditions : Stage gratifié selon les modalités légales.
Contacts des encadrants
• Estelle Langlois (professeure), Université de Rouen, laboratoire Ecodiv, Courriel : estelle.langlois@univ-rouen.fr
• Pierre Ganault (enseignant-chercheur), Université de Rouen, laboratoire Ecodiv, Courriel : pierre.ganault@univ-rouen.fr
• Lauréane Delacour (doctorante), Université de Rouen, laboratoire Ecodiv,
Courriel : laureane.delacour3@univ-rouen.fr
Dossier de candidature
Merci d’envoyer un CV et une lettre de motivation pour le 09/11/2027 aux trois adresses mail ci-dessus. La sélection des candidats sur CV et lettre de motivation sera suivie d’un entretien.
Profil souhaité
• Étudiant·e en 2ème année de Master en Écologie, Sciences du Sol ou Sciences des milieux d’interface.
• Bonne aptitude au travail de laboratoire.
• Appétence pour l’écologie fonctionnelle.
• Esprit pratique, autonomie, capacité d’organisation.
• Connaissances en traitements statistiques (utilisation de R).
• Bonnes capacités rédactionnelles demandées.
• Capacité à travailler en équipe.