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STAGE Rôle des gros bois sur les bancs alluviaux pour la biodiversité H/F #130415


Date de parution : 05-10-2026

Annonceur INRAE
Contrat Stage
Secteur Recherche et environnement
Localisation Isère
Fonction(s) Études / Projets / Développement
Formation BAC+5

Contexte du recrutement et définition de poste :

Descriptif du sujet

Les milieux riverains constituent des habitats d’interface, entre écosystèmes terrestres et aquatiques, qui abritent une forte biodiversité et assurent de nombreux services écosystémiques (González et al. 2017, Riis et al. 2020). Ces environnements très dynamiques se structurent le long de gradients de stress et de perturbation qui conditionnent la distribution des communautés végétales et animales (Naiman and Decamps 1997). Plus récemment, des travaux ont fait un parallèle entre les flux d’eau et de sédiments et les flux de bois en rivière (Wohl et al. 2019). Il a ainsi pu être démontré que des variations dans la durée, la fréquence, l’ampleur ou la temporalité des flux de bois influencent l’intégrité du fonctionnement écologique et géomorphologique des cours d’eau (Piégay and Gurnell 1997, Gurnell et al. 2002, 2005). Cette conceptualisation du régime naturel du bois, qui vient compléter celle des régimes des écoulements liquides et solides, pose les bases d’une compréhension plus systémique du fonctionnement des hydrosystèmes.

Ces 20 dernières années, les recherches menées sur le régime des bois en rivière ont été quasi-exclusivement centrées, d’une part, sur l’influence des bois sur les processus hydro-géomorphologiques (e.g., Abbe and Montgomery 1996, Ruiz-Villanueva et al. 2016, Campagnolo et al. 2024), et d’autre part, sur le rôle des bois pour la biodiversité aquatique (e.g., Nagayama and Nakamura 2010, Thompson et al. 2018). Concernant le rôle des gros bois pour les milieux riverains et la biodiversité associée, les connaissances restent cependant lacunaires. Outre des mécanismes de facilitation permettant l’établissement d’une végétation pionnière (Nakamura et al. 2012) et le développement d’ilots végétalisés (Gurnell et al. 2001), très peu d’études ont abordé la contribution directe et indirecte des gros bois pour la biodiversité riveraine. Compte tenu des enjeux, non seulement environnementaux mais aussi sécuritaires associés à la gestion des gros bois en rivière (Mazzorana et al. 2017, Cicco et al. 2018, Conley and Kramer 2020), il apparait fondamental de développer des connaissances nouvelles sur les rôles joués par ces structures sur les habitats riverains et la biodiversité associée.

L’objectif du stage est de dresser un bilan quantitatif et qualitatif de l’état et de la dynamique des stocks de gros bois dans les rivières du bassin du Rhône. Inscrit dans un projet de recherche visant à caractériser de manière empirique la contribution des dépôts de gros bois sur les bancs alluviaux pour la diversité des habitats riverains et de la biodiversité associée (arthropodes terrestres et flore vasculaire), ce stage constitue un préalable essentiel. Il permettra d’identifier plusieurs tronçons riches en gros bois qui seront échantillonnés dans la continuité de ce projet en 2028. Dans ce cadre et après une phase d’appropriation de la thématique (bibliographie), de prise de connaissance du terrain d’étude et des données disponibles, le/la candidat-e sera chargé de :

  • Définir et appliquer un ensemble de critères hiérarchiques discriminants, en croisant différentes sources d’information spatiales dans un SIG, permettant de sélectionner des tronçons candidats :
  • Identifier les structures gestionnaires sur les tronçons de rivière retenus et réaliser une enquête afin de qualifier les pratiques de gestion en place des gros bois et les perceptions des enjeux associés (e.g., sécuritaire, biodiversité) ;
  • Analyser des séries de photographies aéroportées (IGN ou issues des laboratoires impliqués) pour confirmer la présence de gros bois, qualifier l’âge des structures en place et déterminer les zones de dépôt préférentielles en lien avec les événements hydrologiques passés ;
  • Réaliser des prospections de terrain couplées à des acquisitions par drone sur un ensemble ciblé de tronçons riches en gros bois et acquérir des données sur la localisation et les caractéristiques (diamètre, longueur, stade décomposition, essence - Wohl et al. 2010) des pièces de bois (GPS centimétrique) et les conditions abiotiques environnantes (profils topographiques et granulométriques, faciès de végétation…) ;
  • Analyser les données récoltées afin de dresser une typologie des tronçons de rivières à gros bois dans le bassin du Rhône et comprendre la contribution de ces structures pour la diversification des habitats riverains ;
  • Rédiger un rapport synthétisant les méthodologies utilisées, les analyses réalisées et les résultats obtenus ;
  • Participer plus globalement aux travaux de terrain, en particulier à une campagne d’échantillonnage des arthropodes (pièges fosses et nasses d’émergence) et de la flore au sein de la Réserve Naturelle Nationale du Val d’Allier, pour laquelle des données précises concernant la distribution des gros bois existent.

 

Encadrement INRAE :

Philippe Janssen - LESSEM, INRAE, Centre de Grenoble

Guillaume PITON - IGE, INRAE, Centre de Grenoble

 

Durée souhaitée :

6 mois, de février/mars à fin juillet/août 2027.

Il est par ailleurs à mentionner qu’un sujet de thèse portant sur la contribution directe et indirecte des gros bois sur la biodiversité riveraine (floristique et faunistique) a été déposée pour financement, avec un démarrage planifié à l’automne 2027. Il existe donc, pour le/la candidat-e présentant les aptitudes nécessaires et un intérêt certain pour la thématique, une opportunité de poursuivre en doctorat à l’issue du stage.

 

Conditions matérielles :

Poste basé à INRAE – Centre de Grenoble (campus universitaire)

Gratification selon la réglementation en vigueur.

Le stagiaire disposera d’un bureau et d’un ordinateur, ainsi que d’un véhicule de service pour ses déplacements professionnels. Les frais occasionnés par les déplacements (repas, nuitées) seront indemnisés.

 

Candidatures : Adresser CV et lettre de motivation, par Email de préférence à philippe.janssen@inrae.fr

 

Références :

Abbe, T. B. and Montgomery, D. R. 1996. Large woody debris jams, channel hydraulics and habitat formation in large rivers. - Regulated Rivers: Research & Management 12: 201–221.

Campagnolo, K., Kobiyama, M., Fagundes, M. R., De Menezes, D., Iroumé, A., Michel, G. P. and Rodrigues, M. F. 2024. Influence of large wood dynamics on flow and channel morphology in a forest stream. - Geomorphology 459: 109268.

Cicco, P. N. D., Paris, E., Ruiz-Villanueva, V., Solari, L. and Stoffel, M. 2018. In-channel wood-related hazards at bridges: A review. - River Research and Applications 34: 617–628.

Conley, W. and Kramer, N. 2020. Riverine large wood and recreation safety: A framework to discretize and contextualize hazard. - Earth Surface Processes and Landforms 45: 2201–2216.

González, E., Felipe-Lucia, M. R., Bourgeois, B., Boz, B., Nilsson, C., Palmer, G. and Sher, A. A. 2017. Integrative conservation of riparian zones. - Biological Conservation 211: 20–29.

Gurnell, A. M., Petts, G. E., Hannah, D. M., Smith, B. P. G., Edwards, P. J., Kollmann, J., Ward, J. V. and Tockner, K. 2001. Riparian vegetation and island formation along the gravel-bed Fiume Tagliamento, Italy. - Earth Surface Processes and Landforms 26: 31–62.

Gurnell, A. M., Piégay, H., Swanson, F. J. and Gregory, S. V. 2002. Large wood and fluvial processes. - Freshwater Biology 47: 601–619.

Gurnell, A., Tockner, K., Edwards, P. and Petts, G. 2005. Effects of deposited wood on biocomplexity of river corridors. - Frontiers in Ecology and the Environment 3: 377–382.

Mazzorana, B., Ruiz-Villanueva, V., Marchi, L., Cavalli, M., Gems, B., Gschnitzer, T., Mao, L., Iroumé, A. and Valdebenito, G. 2017. Assessing and mitigating large wood-related hazards in mountain streams: recent approaches. - Journal of Flood Risk Management 11: 207–222.

Nagayama, S. and Nakamura, F. 2010. Fish habitat rehabilitation using wood in the world. - Landscape Ecol Eng 6: 289–305.

Naiman, R. J. and Decamps, H. 1997. The ecology of interfaces: riparian zones. - Annual review of Ecology and Systematics 28: 621–658.

Nakamura, F., Fuke, N. and Kubo, M. 2012. Contributions of large wood to the initial establishment and diversity of riparian vegetation in a bar-braided temperate river. - Plant Ecol 213: 735–747.

Piégay, H. and Gurnell, A. M. 1997. Large woody debris and river geomorphological pattern: examples from S.E. France and S. England. - Geomorphology 19: 99–116.

Riis, T., Kelly-Quinn, M., Aguiar, F. C., Manolaki, P., Bruno, D., Bejarano, M. D., Clerici, N., Fernandes, M. R., Franco, J. C., Pettit, N., Portela, A. P., Tammeorg, O., Tammeorg, P., Rodríguez-González, P. M. and Dufour, S. 2020. Global overview of ecosystem services provided by riparian vegetation. - BioScience 70: 501–514.

Ruiz-Villanueva, V., Piégay, H., Gurnell, A. M., Marston, R. A. and Stoffel, M. 2016. Recent advances quantifying the large wood dynamics in river basins: New methods and remaining challenges. - Reviews of Geophysics 54: 611–652.

Thompson, M. S. A., Brooks, S. J., Sayer, C. D., Woodward, G., Axmacher, J. C., Perkins, D. M. and Gray, C. 2018. Large woody debris “rewilding” rapidly restores biodiversity in riverine food webs. - Journal of Applied Ecology 55: 895–904.

Wohl, E., Cenderelli, D. A., Dwire, K. A., Ryan-Burkett, S. E., Young, M. K. and Fausch, K. D. 2010. Large in-stream wood studies: A call for common metrics. - Earth Surface Processes and Landforms 35: 618–625.

Wohl, E., Kramer, N., Ruiz-Villanueva, V., Scott, D. N., Comiti, F., Gurnell, A. M., Piegay, H., Lininger, K. B., Jaeger, K. L., Walters, D. M. and Fausch, K. D. 2019. The natural wood regime in rivers. - BioScience 69: 259–273.

Profil recherché :

 

Profil souhaité :

  • Etudiant en Master 2 / école d’ingénieur,
  • Formation en écologie ou en sciences de l’environnement,
  • Compétences en hydrologie et en géomatique,
  • Connaissances du fonctionnement des écosystèmes riverains appréciées,
  • Intérêt pour le travail de terrain en conditions parfois difficiles avec des déplacements sur plusieurs jours,
  • Rigueur (respect des protocoles scientifiques), prise d’initiatives et sens de l’organisation,
  • Maîtrise des outils de bureautique, de statistique (R) et de géomatique (QGIS) indispensable,
  • Sens du travail en équipe,
  • Capacité de travail en autonomie.

Adresser CV et lettre de motivation, par Email de préférence à philippe.janssen@inrae.fr