STAGE Évaluation de la capacité de prédation des chrysopes (Chrysoperla affinis, Neuroptera : Chrysopidae) sur les œufs de Palpita vitrealis (Lepidoptera : Crambidae) et de l’impact du régime alimentaire sur leur voracité
Durée :
6 mois (à partir de mars)
Lieux du stage :
INRAE Sophia-Antipolis
Profil du stage :
Recherche appliquée
Mots-clés : Lutte biologique, espèce indigène, jasmin, production locale
Contexte et problématique :
Le jasmin (Jasminum grandiflorum), fleur emblématique de Grasse, capitale mondiale de la parfumerie, est une matière première florale très prisée en parfumerie de luxe [1, 2]. Sa culture, qui allie patrimoine et économie, valorise les ressources naturelles de la région [2, 3]. Sa production s’effectue dans le cadre d’une agriculture biologique, sans utilisation de produits phytosanitaires, afin de préserver la qualité des fleurs tout en protégeant l’environnement et la santé humaine [3].
Le principal ravageur affectant la production de fleurs de jasmin dans le pays de Grasse est Palpita vitrealis (Rossi, 1974), également appelé Palpita unionalis [4]. En 2023, cette espèce a entraîné une réduction d’environ 30% de la production par rapport à l'année précédente (données observées par G. Groussier et les producteurs). P. vitrealis, communément appelée la pyrale du jasmin, est un papillon de nuit faisant partie de l'ordre des Lépidoptères et de la famille des Crambidae [5]. Il est également considéré comme un ravageur important des jeunes plantations d'oliviers [6]. Les larves de la première génération se nourrissent des feuilles, des boutons floraux. Tandis que la deuxième génération, plus abondante, se nourrit des fruits, des graines et des fleurs. Dans la plupart des pays méditerranéens producteurs d'olives, cet insecte est largement répandu [7]. L'alimentation des larves a été observée sur plusieurs espèces d'Oléacées (genre Olea, Ligustrum, Fraxinus, Jasminum, Phillyrea) [8].
Dans le contexte d’agriculture biologique, la gestion de P. vitrealis repose alors sur la mise en place d’une stratégie de lutte biologique efficace et adaptée aux conditions locales. Depuis 2023, nous réalisons des suivis des ravageurs et des auxiliaires en parcelles de jasmin pendant la période de production. Ces inventaires sont effectués dans le but de connaître la diversité de l’entomofaune présente notamment pendant la période de production des fleurs, d’identifier les auxiliaires potentiels et d’évaluer la taille des populations de ravageurs.
Depuis 2024, des lâchers inoculatifs de trichogrammes (Trichogramma cordubensis, Hymenoptera : Trichogrammatidae), parasitoïdes oophages, sont réalisés dans les parcelles des producteurs. En 2025, les chrysopes (Chrysoperla affinis, Neuroptera : Chrysopidae) ont été ajoutées à cette stratégie de lutte biologique. Les larves de chrysopes sont connues pour avoir une forte capacité de prédation sur une grande variété de proies [9]. Des premiers tests de prédation en laboratoire sur les chenilles de P. vitrealis ont montré des résultats encourageants. Les lâchers de chrysopes ont ensuite été ajoutés aux lâchers de trichogrammes.
Dans la continuité de ces travaux, ce stage a pour objectif d’approfondir le rôle des chrysopes dans la régulation des populations de P. vitrealis. L’un des objectifs est d’évaluer leur capacité de prédation sur les œufs de P. vitrealis en laboratoire. Le stage s’intéresse aussi à l’impact de l’alimentation des chrysopes lors de leur élevage sur leur voracité. L’hypothèse est qu’un élevage réalisé directement sur P. vitrealis pourrait modifier leur comportement alimentaire et améliorer leur efficacité après lâcher en parcelles de jasmin.
Les résultats obtenus permettront d’apporter des connaissances concrètes et directement applicables pour améliorer notre stratégie de lutte biologique contre P. vitrealis dans les cultures de jasmin.
Organisation et objectifs du stage :
Ce stage s’inscrit dans une collaboration avec l’association Fleurs d’exceptions du Pays de Grasse (2024-2028) (www.fleurs-exception-grasse.com)
Le stage sera divisé en 2 parties :
Activités principales :
Indemnisation :
Selon la réglementation en vigueur pour 2026 (4,50€/h)
Avantages proposés (le cas échéant) :
Logement : Non
Restauration : restaurant d’entreprise le midi
Déplacements : oui dans le cadre du sujet de stage
Modalités de candidature :
Envoyer un CV, une lettre de motivation avant le 20/01/2026 à geraldine.groussier@inrae.fr
Références citées :
[1] Jonard, R. (1989). Jasminum spp.(Jasmine): Micropropagation and the production of essential oils. In Medicinal and Aromatic Plants II (pp. 315-331). Berlin, Heidelberg: Springer Berlin Heidelberg.
[2] El Nour, S. & Servel, H. (2025). Grasse, l’empire décadent du jasmin. Mediapart. https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/020825/grasse-l-empire-decadent-du-jasmin
[3] Les Fleurs d’Exception du Pays de Grasse. (2025). www.fleurs-exception-grasse.com
[4] Ghoneim K (2015) The Olive Leaf Moth Palpita unionalis (Hubner) (Lepidoptera: Pyralidae) as a Serious Pest in the World: a Review. International Journal of Research Studies in Zoology 1: 1-20.
[5] Leraut, P. (2012). Moths of Europe Volume 3: Zygenes, Pyrales 1. Nap éditions.
[6] AFIDOL (2015) Protection Raisonnée et Biologique des Oliviers. Ed.CTO/AFIDOL – CCEE. Provence-Alpes-Côte d’Azur (FR) 35 pp.
[7] Athanassiou CG, Kavallieratos NG & Mazomenos BE (2004) Effect of trap type, trap color, trapping location, and pheromone dispenser on captures of male Palpita unionalis (Lepidoptera: Pyralidae). Journal of Economic Entomology 97, 321–329.
[8] Herz A, Hassan SA, Hegazi E, Nasr FN, Youssef AA, Khafagi WE et al. (2005) Towards sustainable control of lepidopterous pests in olive cultivation. Gesunde Pflanzen 57, 117–128.
[9] Nordlund, D. A., & Morrison, R. K. (1990). Handling time, prey preference, and functional response for Chrysoperla rufilabris in the laboratory. Entomologia Experimentalis et Applicata, 57(3), 237-242.
Profil requis :
Niveau : Master 2