Contexte et objectifs
Les arbres invasifs constituent une menace pour la durabilité des forêts dans les Hauts-de-France. Plusieurs espèces ont déjà démontré leur capacité à transformer les écosystèmes (par exemple le merisier tardif, le robinier faux-acacia ou l’érable negundo), tandis que d’autres se propagent rapidement depuis d’autres régions d’Europe occidentale (par exemple le chêne rouge d’Amérique).
Avec l’augmentation des événements climatiques extrêmes, entraînant des conditions de stress telles que la sécheresse et les fortes chaleurs, une question majeure pour les gestionnaires forestiers est de comprendre comment ces nouveaux stress modifieront les interactions entre arbres indigènes et invasifs.
Des travaux récents montrant que les plantes forestières invasives de l’hémisphère Nord présentent une efficacité d’utilisation de la lumière plus élevée ont ouvert de nouvelles questions de recherche concernant la fonction photosynthétique des espèces invasives et leur phénologie de croissance.
Lorsque les feuilles absorbent plus de lumière qu’elles ne peuvent en utiliser pour la photosynthèse, notamment en conditions de stress, les processus de dissipation non photochimique (NPQ) dans les chloroplastes permettent d’évacuer l’excès d’énergie lumineuse sous forme de chaleur. Ce mécanisme réduit l’efficacité photosynthétique d’utilisation de la lumière.
Une hypothèse encore peu explorée pour expliquer l’efficacité accrue d’utilisation de la lumière chez les arbres invasifs est que, dans des conditions environnementales identiques, ces espèces seraient capables de continuer à photosynthétiser à des moments où les espèces natives ne le peuvent plus. Elles auraient ainsi moins besoin de pigments photoprotecteurs, tels que les anthocyanes, les caroténoïdes et d’autres pigments.
Bien que la quantification du NPQ et l’étude de la composition pigmentaire aient fait l’objet d’importantes recherches en agriculture dans une perspective d’optimisation de la production, la dynamique du NPQ n’a quasiment pas été étudiée chez les espèces invasives, et le cycle des xanthophylles reste peu exploré dans une perspective globale de tolérance à l’ombre.
Il est important de noter que certains aspects de la NPQ peuvent être suivis en temps réel à partir de données de réflectance spectrale. Cela ouvre la possibilité d’un suivi continu de la dynamique croissance–stress des plantes chez les arbres indigènes et invasifs en conditions réalistes de terrain, grâce à de petits capteurs de réflectance ou à la télédétection par drone.
Les objectifs spécifiques de ce projet de thèse sont doubles :
Environnement de recherche
Le projet sera mené au laboratoire EDYSAN (Écologie et Dynamique des Systèmes Anthropisés, UMR 7058 CNRS–UPJV), à l’Université de Picardie Jules Verne à Amiens.
Les expérimentations auront lieu sur la plateforme de phénotypage végétal de l’UPJV, notamment sur la plateforme Plantscreen®, équipée de systèmes automatisés d’imagerie fluorimétrique et hyperspectrale.
Le projet combinera :
Le ou la doctorant(e) travaillera dans un environnement de recherche international et interdisciplinaire, à l’interface entre écophysiologie, écologie des invasions et télédétection.
Approche méthodologique
L’étude impliquera la propagation en serre de 30 espèces (15 natives et 15 invasives) de plantes forestières écologiquement comparables, afin de mesurer leurs fonctions foliaires sur la plateforme de phénotypage.
Les expériences prévues incluent :
Les mesures exploiteront notamment les mesures hyperspectrales automatisées des canopées entières dans le système Plantscreen, en complément d’analyses classiques de croissance.
Informations pratiques
Contrat : contrat doctoral de 3 ans
Lieu : Amiens, France
Salaire annuel brut : 27600 euros
Date de début prévue : septembre 2026
Date limite de candidature : 29 avril 2026 @ https://emploi.cnrs.fr/Offres/Doctorant/UMR7058-THOKIC-001/Default.aspx
Le dossier de candidature doit inclure :
Les candidat(e)s intéressé(e)s sont encouragé(e)s à contacter les encadrants pour plus d’informations et à envoyer leur dossier à :
Nous recherchons un(e) étudiant(e) très motivé(e), avec un fort intérêt pour l’écologie fonctionnelle des plantes et les mécanismes physiologiques de tolérance au stress et de compromis de croissance.
Le ou la candidat(e) devra être titulaire d’un Master (ou équivalent) en :
Qualifications requises
Compétences souhaitées
Le ou la candidat(e) devra faire preuve d’autonomie, de curiosité scientifique et d’une capacité à travailler à la fois de manière indépendante et collaborative dans un environnement international.