
L’Etat et les collectivités locales se partagent
les responsabilités en terme d’aménagement du
territoire, de protection de l’environnement et d’amélioration
du cadre de vie. Les services de l’Etat et les établissements
publics sont chargés de mettre en œuvre les politiques
et les orientations nationales et européennes en matière
de préservation et de gestion de l’environnement et de
les décliner en région. Ils veillent au respect des
engagements internationaux pris par la France au travers de la signature
de conventions et de traités. En ce qui concerne les collectivités
locales, elles peuvent, au-delà de missions obligatoires en
terme de préservation de l’environnement, mettre en place
des politiques plus ambitieuses.
En
tant que membre de l’Union Européenne, la France est
tenue de transposer en droit national les directives européennes
et de les faire appliquer. Les règlements européens
sont quant à eux immédiatement et directement applicables.
La politique environnementale de l’Union Européenne
s’appuie sur les outils tels que les mesures législatives,
les incitations à caractère économique et financier,
les programmes de recherche et les listes de données.
Les
services de l’Etat sont constitués d’administrations
centrales qui s’appuient sur des services déconcentrés
et de services à compétence nationale. Les services
déconcentrés travaillent dans le cadre d’une
cohérence territoriale, sous l’autorité du Préfet.
L’Etat peut parfois déléguer tout ou partie
de la conception et de la mise en œuvre d’une politique
publique à un établissement public qui peut disposer
de ressources propres et recruter son personnel. Certains d’entre
eux disposent de missions régaliennes : ils veillent au respect
de la réglementation et peuvent dresser procès verbal
en cas de non-respect. La tutelle des établissements publics
est assurée par l’Etat qui oriente leur stratégie,
leur alloue si nécessaire des moyens, contrôle leur
gestion et évalue leurs résultats. L’ensemble
de ces services qui interviennent au nom de l’Etat, ont essentiellement
pour interlocuteurs des élus, des services techniques et
des bureaux d’études.
Les
principaux services de l’Etat concernés en région
sont les suivants :
la Direction régionale de l’environnement
(DIREN), service déconcentré du Ministère de
l’écologie et du développement durable (MEDD)
et tête de réseau des services de l’Etat concernés
par l’environnement au niveau régional et départemental
(Equipement, Agriculture, etc.).
La Direction régionale de l’industrie, de la
recherche et de l’environnement (DRIRE) dispose d’un
service de l’environnement industriel. Elle intervient sur
le champ des installations classées, pour lequel exclusivement
elle est sous la tutelle du MEDD.
Les
établissements publics qui sont présents en région
sont :
l’Agence de l’eau, l’Agence
de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie
(ADEME), l’Office national de la chasse et de la faune
sauvage (ONCFS) et le Conseil supérieur
de la pêche (CSP), ces établissements publics
étant sous tutelle du MEDD.
A noter
également d’autres services d’Etat et établissements
publics oeuvrant en matière d’environnement : DRAF,
DDE, Cemagref, parcs nationaux,
CERTU.
Depuis
la première loi de décentralisation, il existe selon
les secteurs soit une compétence exclusive de l’Etat,
soit une compétence partagée, ou bien encore une compétence
transférable de manière automatique ou facultative.
L’organisation
administrative territoriale de la France se caractérise par
une superposition de niveaux administratifs et un nombre élevé
de collectivités locales. Depuis la loi de décentralisation
de 1983/1984, les trois niveaux de collectivités locales
de plein exercice sont la commune, les Départements
et la Région auxquels s’ajoutent les
structures de coopération intercommunale constituées
sous la forme d’établissements publics ou EPCI.
Les
Régions participent à l’élaboration
de programmes d'action en faveur de la préservation et de
la valorisation de l’environnement. Cette préoccupation
s’est accrue dans le temps sous l’effet de la décentralisation
et de la planification régionale, puis avec la politique
de l’Union européenne en faveur
des régions intégrant l’environnement depuis
1988. L'environnement est une dimension qui fait partie des Contrats
de Plan Etat - Régions et de véritables politiques
régionales se mettent en œuvre dans ces domaines.
En
ce qui concerne les Départements, ils mènent
des actions en matière d’environnement en particulier
sur la gestion de l'eau, les milieux naturels et la gestion des
déchets. Ils s’appuient sur leurs services techniques
comme c’est le cas des services de l’environnement ou
dans la gestion de l’eau avec les SATESE, SATERCE, SATA et
SATEBE. Ils peuvent aussi créer des services ad-oc au financement
desquels ils participent, comme c’est le cas par exemple des
Centres d’architecture, d’urbanisme et d’environnement
(CAUE).
Les
maires quant à eux ont des responsabilités croissantes
en matière d’environnement. Ils disposent de pouvoirs
de police importants afin d’assurer sur le territoire de la
commune l'ordre, la sécurité et la salubrité
publique. Les communes interviennent dans l’environnement
afin de prévenir et de faire cesser les pollutions de toute
nature. A cette fin, les maires peuvent interdire ou autoriser ;
ils peuvent dresser procès verbal et engager des poursuites
judiciaires. Les communes peuvent s’organiser dans le cadre
de l’intercommunalité à laquelle elles transfèrent
les compétences.
Les
communes et leurs groupements sont responsables des décisions
d’investissement avec la construction d’équipements.
En ce qui concerne la gestion des équipements, les collectivités
peuvent s’organiser différemment pour remplir ces missions
: services techniques municipaux, mise en place de régies,
concession ou affermage avec des entreprises privées.
Ces
différentes administrations assurent des missions variées,
tant en ce qui concerne les services de l’Etat et les établissements
publics que les collectivités locales.

Afin de décliner les orientations nationales au niveau régional
et départemental, de mettre en œuvre la politique de
l’Union européenne en matière d’environnement
et les engagements contractés par la France au niveau international,
les services de l’Etat et les établissements
publics assurent des missions variées, telles que
:
Actions de pilotage et de coordination des politiques mises
en œuvre. |
Elaboration
d’éléments de doctrine et de méthodologie,
conseils. |
Participation
à des politiques contractuelles et à la mise en
œuvre des politiques partenariales et des démarches
territorialisées. |
Application et veille au respect de la réglementation,
mesures spécifiques de protection (classement et inscription
de sites…), contrôle et éventuelles sanctions. |
Avis sur des projets d’aménagements (infrastructures)
et des plans de gestion concertée (espaces naturels protégés). |
Suivi de demandes d’autorisations et éventuellement
leur délivrance (permis de construire sur des sites protégés,
prélèvement et commercialisation d’espèces
protégées). |
Expertise, conseil et appui technique aux différents
porteurs de projets pouvant contribuer à la protection
de l’environnement et à la réduction de
ses impacts, |
Production de données environnementales et organisation
des connaissances. |
Evaluation des politiques publiques. |
Ingénierie publique et réalisation de travaux
de gestion ou leur suivi, et collecte de mesures, |
Aides financières sous des formes diverses : conventions
de gestion avec des gestionnaires d’espaces à forts
enjeux environnementaux (collectivités locales, parcs
naturels régionaux, associations, établissements
publics), conventions pluriannuelles d’objectifs avec
quelques associations fédératrices, ou subventions
en direction de porteurs de projets concourant à l’amélioration
de l’environnement (études, équipements,
animation, conseils, information, etc.). |
Commandes d’études et d’expertises et de
travaux sur des problématiques ou des sites à
forts enjeux. |
Actions en faveur de la prévention, de la sensibilisation
et de l’information du public. |

Les Régions.
Les
missions des Régions en matière d’environnement
peuvent être résumées ainsi :
Pouvoir d’initiative pour faire des propositions à
l’Etat sur la création des PNR, les zones du littoral,
l’élaboration de prescriptions particulières
en matière d’aménagement et d’urbanisme,
la coopération frontalière avec les collectivités
décentralisées étrangères, qui prenne
en compte de façon prioritaire l’environnement
et l’aménagement du territoire. |
Possibilité
de demander d’assurer la création, l’aménagement
et l’exploitation de canaux, de ports fluviaux et des
voies navigables, la réalisation des plans régionaux
d’élimination des déchets industriels, ou
bien encore l’inventaire régional du patrimoine
paysager, |
Missions de prévention des risques naturels et communication
sur l'environnement. |
Compétences consultatives sur les schémas directeurs
d'aménagement, les installations classées, les
carrières, la gestion de l'eau. |
Contribution à l’élaboration du volet environnement
du Contrat de Plan Etat-Région, ce qui donne lieu à
l’élaboration de véritables politiques régionales
dans ces domaines. |
Les Départements.
Les
actions prioritaires des Départements en matière d’environnement
portent en particulier sur les domaines suivants :
La gestion de l'eau avec les problématiques liées
à l’eau potable et à l’assainissement. |
Les milieux naturels avec la détermination d’espaces
naturels sensibles en terme de mesures de protection, ce qui
passe notamment par l’acquisition de sites remarquables
et/ou sensibles en mobilisant la Taxe départementale
des espaces naturels sensibles (TDENS), ou bien encore par délégation
de la mise en oeuvre de la politique concernant les espaces
naturels sensibles aux communes et à leurs groupements
(EPCI), ces espaces pouvant être confiés en gestion
à un conservatoire. |
La gestion des déchets avec les plans départementaux
de collecte et de traitement des déchets ménagers
et assimilés. |
L’aménagement et l’entretien des réseaux
de sentiers inscrits au plan départemental des itinéraires
de promenades et de randonnées (PDIPR). Par ailleurs,
les Départements ont créés et financent
le fonctionnement des Conseils d'architecture d'urbanisme et
d'environnement (CAUE) qui mettent notamment en place des actions
liées à la préservation des paysages. |
Les Communes.
Les
communes ont des responsabilités en matière de collecte
et de distribution de l’eau potable (préservation de
la ressource, captage et desserte) et du traitement des eaux usées
(assainissement) et de gestion des déchets ménagers.
Les maires sont investis de certains pouvoirs de police et ils peuvent
prendre les mesures nécessaires, par exemple en ce qui concerne
la police de l’eau. A compter de 2005, les communes acquièrent
une nouvelle responsabilité avec le contrôle de la
conformité à la réglementation de l’assainissement
autonome.
Les communes interviennent dans l’environnement afin de prévenir
et de faire cesser les pollutions de toute nature. Elles peuvent
en particulier :
Interdire tout ou partie de l'accès de certaines voies
aux véhicules dont la circulation sur ces voies ou dans
ces secteurs, est de nature à compromettre la tranquillité
publique, la protection des espaces naturels, des paysages ou
des sites ou de leur mise en valeur (renforcement de ces dispositions
par la loi sur le bruit de 1992), |
Mettre en place des actions en matière de santé
publique, de police de la baignade et des activités nautiques,
de pollution des eaux, |
Faire exécuter des mesures de police spéciale
en cas de danger grave ou imminent. |
Mettre en oeuvre des pouvoirs de police judiciaire leur permettant
de rassembler des preuves, des dresser des procès-verbaux
et d’exercer des poursuites des contrevenants devant les
tribunaux. |
Afin
d’exercer leurs missions, les communes peuvent choisir de
se regrouper en groupements intercommunaux de types différents,
constitués sous la forme d’établissements publics
de coopération intercommunale (EPCI). Les communes peuvent
par là-même leur transférer des compétences
qu’ils exercent en leur nom.
Les
communes et leurs groupements sont responsables des décisions
d’investissements pour la construction d’équipements.
En ce qui concerne leur gestion, les collectivités peuvent
s’organiser différemment pour remplir ces missions
: services techniques municipaux, mise en place de régies,
concession ou affermage avec des entreprises privées.

Au-delà
des institutions chargées d’intervenir dans ces domaines
d’activités, d’autres acteurs interviennent dans
le domaine de l’environnement qu’il s’agisse des
associations ou des organismes qui les fédèrent, constitués
sous la forme d’unions, de centres régionaux et de
fédérations, ou bien encore des organisations socio-professionnelles.
En
ce qui concerne plus particulièrement les associations
de protection de l’environnement, leur rôle
a été marquant dans la prise de conscience collective
des citoyens et des consommateurs, mais aussi des autorités
publiques, en alertant sur les problèmes de pollution et
les dégradations que subit l’environnement et en contribuant
à faire valoir les enjeux environnementaux. Au-delà
des actions à caractère militant, les associations
ont développé des actions en terme d’informations
et d’éducation à l’éco-citoyenneté
touchant un public de plus en plus large.
Certaines
associations ont su également se prévaloir d’une
expertise environnementale. Et les pouvoirs publics, Etat et collectivités
locales, peuvent s’appuyer dans certaines de leurs interventions,
sur des associations dans le cadre de conventions de partenariat,
pour gérer des aspects précis d’une problématique
environnementale.
Tel
est le cas en particulier dans la gestion de milieux naturels fragiles
ou remarquables, où certaines associations se sont vues confier,
dans le cadre de conventions de partenariat, la gestion d’espaces
pour le compte de l’Etat (réserves naturelles et zones
Natura 2000) ou de Conseils généraux (espaces naturels
sensibles). Ponctuellement, la réalisation de travaux, d’études
ou d’inventaires peut leur être confiée, pour
améliorer la connaissance de certains milieux ou d’espèces
protégées.
Trois
types de conservatoires intervenant dans le domaine
de la préservation des espaces et des espèces naturelles
coexistent et se complètent, à savoir le Conservatoire
des espaces littoraux et des rivages lacustres, les Conservatoires
régionaux et départementaux des espaces naturels et
les Conservatoires botaniques nationaux. Seul le conservatoire du
littoral est constitué sous forme d’établissement
public.
Les
conservatoires régionaux et départementaux sont constitués
sous forme d’associations, leurs moyens provenant de l’Etat,
des collectivités locales et de l’Union européenne.
Ils gèrent des sites qu’ils ont acquis ou dont des
collectivités leur confient la gestion. Ils participent à
la réalisation d’inventaires et d’expertises.
Chaque conservatoire a une indépendance l’un vis-à-vis
de l’autre. Toutefois, ils peuvent être amenés
à travailler conjointement sur des programmes précis.
Les
conservatoires botaniques jouent un rôle d’expert auprès
des pouvoirs publics et sont constitués généralement
sous forme d’associations agréées par le Ministère
de l’écologie et du développement durable qui
leur attribue un financement, ainsi que le font aussi les collectivités
locales, afin de réaliser des études et des expertises.
Les
Conseils d'architecture d'urbanisme et d'environnement
(CAUE), créés par les Conseils généraux
qui les financent, mettent notamment en place des actions liées
à la préservation des paysages et développent
des actions grand public en terme de sensibilisation.
En
ce qui concerne les Espaces Info Energie, il s’agit
de missions confiées à des associations par l’ADEME,
sous forme de convention, dans le cadre d’un programme national
d’amélioration de l’efficacité énergétique.
Les associations s’engagent à dispenser des informations
à destination des particuliers, des petites entreprises et
des collectivités locales sur l’utilisation rationnelle
de l’énergie et le recours aux énergies renouvelables.
La surveillance de la qualité de l'air est quant à
elle assurée par des associations agréées par
le ministère de l'écologie et du développement
durable. Ces associations sont chargées de mettre en oeuvre
pour le compte des pouvoirs publics, les moyens de surveillance
de la qualité de l’air, sur des zones de taille variable
allant de l’agglomération à une région
entière. Les services de l'Etat et établissements
publics (DRIRE, ADEME, DIREN…), les collectivités locales,
les industriels, les associations de protection de l'environnement
et des personnalités qualifiées participent à
leur conseil d’administration.
Au travers de leurs actions, les associations favorisent aussi les
échanges et le débat sur des sujets de société.
Elles contribuent à l’émergence de nouveaux
besoins et à mettre en œuvre des expérimentations.
Elles peuvent aussi être force de propositions vis-à-vis
des pouvoirs publics. L’Etat encourage le travail en réseau
à des fins de mutualisation, d’échanges d’expériences
et d’expertise.
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