Editoriaux
Editoriaux publiés dans Info Réseau Tee RA
![]()
![]()
LETTRE N°2 – Décembre 2010
POINTS DE VUE DE TERRITOIRE
Jean-François Miné
Responsable Ingénierie Emploi Formation / animateur CTEF
Maison de l’Emploi et de la Formation des Pays Voironnais et Sud Grésivaudan
Pourquoi une GPEC au niveau du bassin d’emploi ?
Nous vivons un contexte de crise, où les secteurs d’activités, les métiers vont se transformer durablement. La sécurisation des parcours des salariés est devenue un enjeu qui dépasse la frontière de l’entreprise, voire la frontière de la branche.
Par ailleurs, la mondialisation a fortement accéléré la mobilité des capitaux, la mobilité des biens et services mais la main d’œuvre est une ressource à part, une ressource humaine qui est ancrée sur un territoire, un bassin d’emploi.
Aujourd’hui, la GPEC telle qu’elle a été organisée dans les entreprises n’a pas eu les résultats escomptés car même les seules grandes entreprises qui se sont lancées dans ce chantier ont très peu de visibilité dans le temps sur leurs activités et donc leurs emplois de demain. Et, c’est ce chantier qui a été confié sur son territoire à la Maison de l’emploi des Pays Voironnais et Sud Grésivaudan, structure portée par les politiques de territorialisation de l’Etat et de la Région (CTEF), avec tous les partenaires concernés (Service Public de l’Emploi, entreprises, branches, organismes de formation, partenaires sociaux et collectivités locales), c’est-à-dire ceux qui en ont vraiment besoin, sous peine d’en subir localement et durablement les conséquences.
La GPEC territoriale passe par :
- Une bonne connaissance des emplois et des compétences du territoire
- Des ressources hommes permettant de lier, dans un état des lieux en entreprise : management, organisation, compétences et qualifications.
- Une bonne maitrise des solutions individuelles mobilisables et une capacité à mutualiser les besoins des entreprises.
- Des outils de sensibilisation sur les métiers d’aujourd’hui et de demain.
- Des moyens d’accompagnement des parcours professionnels (orientation, accompagnement, formation).
- Une instance locale d’élaboration progressive et de négociations de politiques cohérentes à l’échelle locale (Etat, Région, partenaires sociaux, collectivités locales).
![]()
LETTRE N°1 – Juin 2010
![]()
Charles Magnier, Prioriterre.
La révolution douce du « green building » …
C’est peu de dire que le modèle de développement que l’on connaît est loin d’être durable et qu’il est urgent, de le faire très fortement évoluer d’une économie basée sur des ressources fossiles non renouvelables, vers «l’économie du renouvelable ».
Mais cela passe d’abord par la réduction drastique de la demande d’énergie et de matière première. En bref, il ne s’agit ni plus ni moins que de passer d’une « économie linéaire » qui conduit à l’accumulation de déchets liquides, solides et gazeux et à l’épuisement des ressources, à une « économie circulaire » où l’ensemble des processus industriels est basé sur les « 3R » : Réduire, Réutiliser et Recycler [...]
Cette révolution [...] dans tous les domaines de l’industrie et des services se heurte à la formation des acteurs.
De l’ingénieur à l’ouvrier en passant par l’architecte ou le designer, les métiers devront s’adapter à marche forcée à cette nouvelle donne. C’est encore très loin d’être le cas quoique des efforts importants soient déjà faits.
Cette démarche suppose une remise à plat de l’analyse de la valeur de toute la chaîne de production; valeur économique bien sûr, mais aussi valeur sociale [...] et environnementale.[...] Cela revient à dire qu’il faut modifier tout le système actuel de production. Il devient nécessaire de décloisonner les métiers ;
C’est d’autant plus vrai dans le bâtiment (par exemple) où le paysage économique est composé d’une multitude d’intervenants qui de par leur statut, ont l’habitude de travailler en «indépendant».
Dans le domaine de la construction, nous en sommes encore au niveau de ce qu’était l’automobile à l’arrivée des chaines de montage de M. FORD. Aujourd’hui, l’automobile est capable de produire un véhicule grâce à la contribution de multiples partenaires internes et externes à l’entreprise, avec un niveau de qualité et de performance maximum. C’est très loin d’être le cas dans le bâtiment alors que les performances dont nous avons parlé plus haut exige cette rigueur. Les démarches de «qualité globale» devront inévitablement être mises en place.
Plus qu’une simple mise à jour des compétences, c’est une révolution culturelle qui porte sur plusieurs fronts à la fois:
• L’analyse de la valeur sur toute la chaîne de production,
• La connaissance de l’impact environnemental des nouveaux matériaux,
• L’approche globale et transversale pour atteindre une performance collective.
Le chantier est colossal mais les bonnes volontés ne manquent pas; il faut juste donner du sens à tout cela: sortir de la contrainte réglementaire et avancer avec enthousiasme en ayant le sentiment de participer à une œuvre collective à destination des générations futures : «Construire un mur en pensant qu’il deviendra une cathédrale» !

