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CONFERENCE
DU 30 MARS 2004 - SAINTES (17).
Depuis les dix dernières années, la filière
environnement connaît de multiples changements qui ont pour
effet de la structurer et de la professionnaliser. Malgré
cela, il reste encore à faire reconnaître la filière
environnement comme un secteur d’activités socio-économique
à part entière. Dans ce contexte, les huit réseaux
Territoires Environnement Emplois avec le soutien du Ministère
de l’Ecologie et du Développement Durable ont initié
un cycle national de quatre conférences : "les réseaux
Territoires Environnement Emplois : des acteurs, des compétences
en réseau au service de l’emploi, des territoires,
de l’environnement et du développement durable".
Les
objectifs de cette première conférence
Il s’agissait de réaliser avec l’aide des intervenants
et des participants :
1.
un état des lieux des activités et de l’emploi
de l’environnement;
2. une analyse prospective du marché de l’emploi de
l’environnement à venir : la filière est-elle
créatrice d’emploi ? quels sont les besoins ?
3. une analyse prospective des nouveaux marchés : y a-t-il
des possibilités de développement sur des secteurs
marchands, et si oui, lesquels ?
Cette première conférence devait conduire à
une réflexion collective, à des échanges d’expériences
pour la construction collective de premiers éléments
de réponse.
Trois
témoignages...
Thierry
Lavoux
IFEN (Institut Français de l’Environnement)
Emploi et environnement.
"A partir de données chiffrées
et de résultats d’études, la preuve est
faite : l’environnement est une source de créations
d’emplois. L’emploi se fait essentiellement dans
les sociétés "d’éco-industrie"
: l’eau et les déchets. Les créations d’emploi
ont été accélérées par la
mise en œuvre du programme "nouveaux services-emplois
jeunes" et ont avant tout été portées
par les collectivités locales. L’eau
et les déchets créent de l’emploi pour
deux raisons essentielles :
- L’application des nouvelles législations européennes
obligeant à la mise en place de nouveaux services.
- La rentabilité des services du fait de redevances,
prestations marchandes…
Cette réalité perdurera pour les années
à venir.
Comparé
à ces "deux secteurs marchandisés",
le secteur des espaces naturels apparaît comme le "parent
pauvre" de l’environnement, même s’il
est très largement soutenu par les pouvoirs publics.
Cependant, le paradoxe veut que les offres de formation environnement
explosent sur ce domaine d’activité. Il est donc
important de rationaliser l’offre de formation environnement
en fonction des débouchés existants et à
venir.
De
même, il sera nécessaire d’aboutir à
une classification des métiers de l’environnement,
afin de clarifier l’emploi de l’environnement
qui est très disparate. Nous parlons de 316 000 emplois
mais cela ne correspond pas à 316 000 métiers."
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Didier
Defer
Direction Générale de l’ANPE
La refonte du ROME* et la place de l’emploi de l’environnement.
*ROME = la nomenclature unique des emplois
utilisée par l’ANPE pour réaliser le rapprochement
de l’offre et de la demande, regroupant des fiches, chacune
identifiant et définissant un métier d’une
filière.
"Désormais, la fiche "emploi-métier"
ne sera plus construite à partir d’un statut, mais
à partir de compétences communes à plusieurs
activités d’une même famille de métiers.
Ainsi, la logique de l’exercice de plusieurs activités
professionnelles à partir d’un même cœur
de métier est pris en compte. Cette nouvelle organisation
encourage la mobilité professionnelle des personnes et
adapte la fiche "emploi-métier" au fonctionnement
actuel du marché du travail. Cette refonte du ROME permet
également de définir de nouvelles filières
et de leur donner une place à part entière dans
ce référentiel, ce qui est le cas du tourisme.
Aujourd’hui, une même initiative devrait être
menée pour la filière environnement, car dans
le ROME actuel, seules deux appellations sont référencées.
C’est pourquoi l’ANPE se rapproche du MEDD, du
CNFPT, de l’UNADEL (1) pour recueillir, en partenariat,
les fiches métiers existantes, construire un même
contenu des nouveaux métiers et aboutir à des
référentiels communs."
(1) Ministère de l’Ecologie et du Développement
Durable, Centre National de la Fonction Publique Territoriale,
Union Nationale des Associations de Développement Local.
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| Olivier
Scalliet
CAPEB 16
Le secteur de la gestion des déchets de l’artisanat
: un secteur marchand ?
"Les artisans ne triaient pas ou mal
leurs déchets par manque de moyens :
- Des structures trop petites pour assumer le recrutement
d’une personne chargée de cette gestion.
- Un manque de solutions en matière de filières
de revalorisation de ces déchets.
Les artisans étaient donc en attente de moyens et de
solutions. Les collectivités souhaitaient organiser
la gestion des déchets sur leur territoire avec un
coût maîtrisé.
La CAPEB 16 a pris l’initiative de rassembler tous ces
acteurs autour d’un interlocuteur unique et a créé
l’association "Elimin’ déchets 16".
Cette association a eu pour premier travail de sensibiliser
tous les artisans à une meilleure gestion de leurs
déchets. Elle s’est ensuite chargée des
appels à projets auprès de prestataires privés
afin de proposer de nouvelles filières de revalorisation
aux artisans. Elle a également pris l’organisation
de la facturation à sa charge.
Cette fonction de médiation entre artisans, prestataires
privés et collectivités, et cette fonction de
fédérateur de solutions a permis la création
d’un poste de chargé de mission au sein de l’association,
payé par le gain financier de cette organisation territoriale
de la gestion des déchets.
Cette rentabilité du service va permettre la mise en
place
d’autres prestations marchandes : ouverture d’une
déchetterie, audits auprès d’entreprises,
observatoire des
déchets."
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La
filière environnement : secteur marchand ou non marchand
?
Les
témoignages ont montré que certains secteurs d’activité
de la filière environnement pouvaient être des secteurs
marchandisés :
- Le
secteur des "éco-industries" : l’eau et les
déchets.
- Le secteur de l’éducation à l’environnement
: une part de l’activité de ce secteur est rentable
par la vente de prestations d’animation.
Cependant,
d’une manière générale, la filière
environnement a besoin du soutien des pouvoirs publics. L’exemple
de la CAPEB 16 le démontre. Il a été nécessaire,
au démarrage, que les collectivités soutiennent la
en place de l’association, le temps que le service de gestion
des déchets dégage un gain financier.
Par contre, d’autres services environnement demanderont aux
collectivités un soutien pour leur mise en place et pour
leur pérennisation. En effet, ces services (médiation,
sensibilisation, protection…) n’atteigneront jamais
le seuil de l’auto-financement intégral. La filière
environnement relève d’une économie mixte, qui
pose alors les questions du coût réel de ces services
et de l’origine de ses financements.
Un
avenir possible pour la filière environnement
Une
source de créations d’emplois
L’environnement
est source de création d’emplois :
- Indirects : l’ouverture des parcs nationaux aux publics
crée de l’emploi environnemental.
- Directs : si le secteur des espaces naturels est "le parent
pauvre", il constitue néanmoins un réservoir
d’emplois potentiels très important. La gestion territoriale
faite dans le cadre de Natura 2000 va être génératrice
d’emplois directs : gestion, éducation à l’environnement…
Une urgence à faire reconnaître les métiers
de l’environnement
Les deux premiers témoignages ont insisté sur la nécessité
de créer une nomenclature des métiers de l’environnement.
Ces métiers ont une vraie spécificité
qui ne peut pas être associée à d’autres
référentiels. Le travail des réseaux TEE d’identification,
d’écriture des nouveaux métiers au travers de
fiches métiers est alors primordial.
Cette nomenclature permettra également :
- Aux employeurs de mesurer avec précision les besoins en
matière d’emplois et de formations.
- Aux prestataires de mieux évaluer le coût réel
des services environnement et l’origine des financements.
Pour
télécharger cette
synthèse de la 1ère conférence Tee - rédigée
par les animatrices du Réseau
Tee Poitou Charentes - cliquer ICI.
Contact : Stéphanie
Fortin - Tél. 05 49 09 92 12.
http://www.poitou-charentes.emplois-jeunes.org/
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