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CONFERENCE
DU 17 JUIN 2004 - DIJON (21).
Confrontés à la complexité du domaine de l’environnement
(multiplicité des acteurs, transversalité des problématiques),
les réseaux Territoires Environnement Emplois participent
depuis quatre ans à la construction d’une culture commune
pluri-institutionnelle sur la thématique des métiers
et des emplois de l’environnement et du développement
durable, en partenariat étroit avec les acteurs de terrain
dans huit régions pilotes.
Capitalisation,
production, accompagnement, partage, mais surtout interface, mobilisation
et mise en relation des compétences, c’est là
que résident l’expertise des TEE et la plus-value qu’ils
apportent à ce champ de préoccupation.
Ainsi,
les réseaux TEE sont une réponse au contexte actuel
et interviennent sur le terrain selon trois objectifs principaux
:
- L’amélioration
de la connaissance des emplois, métiers et formations de
l’environnement, à travers notamment l’apport
d’éléments d’analyse des métiers
émergents et la diffusion des informations.
- La mise en place d’outils de professionnalisation des acteurs,
l’accompagnement et l’orientation des porteurs de projets
vers des organismes ressources identifiés.
- L’animation d’un réseau basé sur la
mise en relation des acteurs locaux et des organismes de l’environnement
et de l’emploi, afin de mettre en cohérence les ressources
existantes.
Le
cycle national de conférences est un exemple de manifestation
organisée conjointement par l’ensemble des réseaux
TEE afin de mutualiser la réflexion et les perspectives qui
se dessinent concernant l’emploi dans le domaine de l’environnement.
Après
avoir mené un bilan du marché de l’emploi et
des filières porteuses (à Saintes le 30 mars) puis
analysé les outils pour le développement d’activités
environnementales dans les politiques territoriales (à Aix
en Provence le 7 mai), la conférence de Dijon est consacrée
à l’évaluation de la plus-value environnementale.
De quoi parle-t-on en évoquant la plus-value environnementale
: les objectifs de cette troisième conférence.
La notion de plus-value environnementale renvoie à un certain
nombre de concepts tels que "performance", "compétence"
et "évaluation" qui nécessitent d’être
précisés :
- Comment lier les notions apparemment opposées de "performance"
et "environnement" ?
- Quelle est la place de la compétence au sein de la performance
environnementale et quels métiers pourront répondre
à l’avenir aux besoins de compétences identifiés
?
- A quelles notions renvoie le concept de "plus-value environnementale",
comment la mesurer et quels éléments prendre en compte
?
La diffusion d’un fonctionnement en réseau, facteur
de réussite essentiel pour concilier environnement et performance.
-
Par Dominique Larue, TEE Bourgogne.
Le concept de "Développement durable" permet de
renforcer la place de la question environnementale dans les politiques
publiques. En effet, alors que les domaines économique et
social font l’objet de préoccupations anciennes dans
nos sociétés, la préoccupation vis-à-vis
de l’environnement s’est récemment exprimée
avec acuité du fait de la prise de conscience des dégradations
de la planète.
Or,
les menaces qui pèsent désormais sur notre environnement
peuvent être lues comme indicatrices d’une "contre
performance" de nos sociétés. La performance
environnementale correspondrait alors à notre capacité
à arrêter de dégrader, réparer ce qui
a été fait, voire améliorer notre environnement.
Selon
la définition du Conservatoire des Arts et Métiers,
la performance de l’entreprise renvoie à une "factorisation
de compétences, motivations, ressources et organisations
en phase avec les réalités économiques de son
environnement" : ce concept invite à considérer
que ces facteurs doivent être réunis, organisés
en cohérence selon une stratégie et des objectifs
de résultat.
Appliquer
ce concept à la question environnementale met en émergence
la multitude d’acteurs concernés par cette ambition
de développement durable : formateurs, chercheurs, décideurs,
agriculteurs, usagers de l’espace, techniciens… dont
la coordination est une condition essentielle de la performance
dans le domaine de l’environnement. Mais comment arriver à
une telle coordination et à un tel consensus ?
La
diffusion de décisions unilatérales issues d’un
pouvoir central a longtemps été l’unique procédé
d’harmonisation des comportements. L’évolution
de la société pose aujourd’hui de nouvelles
conditions de participation de la population à la prise de
décision : les solutions doivent désormais être
pensées, réfléchies et définies collectivement
selon de nouveaux principes de gouvernance. En effet, garantir l’implication
de chacun de ces acteurs nécessite la prise en compte de
ce qu’ils représentent en termes d’intérêts,
d’exigences, voire de prérogatives.
Les
réseaux TEE sont nés de ce constat. En établissant
un lien entre les responsables des différents secteurs associatifs,
institutionnels du monde de l’emploi et du monde de l’environnement,
ils contribuent à construire du sens commun. En tant qu’espaces
d’analyse des données et de confrontation d’idées,
ils participent ainsi à l’élaboration et à
la mise en cohérence d’actions de terrain.
La place de la compétence dans la performance environnementale :
quelles compétences, quels métiers ?
-
Par Philippe Devis, Observatoire Régional de l’Environnement
de Bourgogne.
Aujourd’hui,
nous pouvons sommairement classer les métiers de l’environnement
selon deux registres : les métiers techniques, en grande
partie liés à la "réparation" de
l’environnement (gestion et restauration des milieux) et les
métiers du management environnemental (communication, information,
management en entreprise…).
Pour
autant, la gestion de l’environnement implique des compétences
qui évoluent dans le temps. Ainsi, les métiers de
l’environnement sont pour une part importante des métiers
en devenir, à "inventer" en fonction des enjeux
environnementaux succesifs de nos sociétés. L’analyse
prospective de l’évolution de ces enjeux permettra
donc d’identifier les compétences qui seront sollicitées
à l’avenir.
Par
ailleurs, l’environnement tend à devenir une préoccupation
de premier plan, notamment en lien avec les enjeux géopolitiques
de la gestion des ressources de la planète, ce qui rend incontournable
la mise en place de schémas opérationnels et acceptables
par l’ensemble de la société.
Ainsi,
en complément des métiers liés à la
réparation de l’environnement qui restent indispensables,
se sont développés des métiers situés
au cœur de ces enjeux et dont les compétences ne se
situent pas forcément en lien direct avec l’environnement
(banquiers, assureurs, urbanistes…). En effet, l’environnement
devenant un champ d’action intégré au sein des
politiques des collectivités ou des entreprises, il est logique
que l’identification des métiers contribuant aux problématiques
environnementales en soit rendue plus floue.
Enfin,
même si ces métiers existent, leur reconnaissance passera
par l’identification des besoins puis par la mise en place
de parcours de formation individualisés pour agir rapidement
sur le terrain, avant d’aboutir à une réelle
diffusion grâce à une offre de formation institutionnalisée
de la part des organismes de formation.
Les
compétences du médiateur apparaissent alors comme
centrales, en particulier la capacité d’agir sur différents
registres, de s’adapter à des personnes aux perceptions
et discours différents. Ces coordinateurs, capables de transformer
les contraintes en facteurs de progrès, deviendront alors
des atouts en terme d’innovation pour les entreprises, ce
qui place leurs compétences au cœur de la performance
environnementale.
Quelle démarche d’évaluation pour la plus-value
environnementale ?
-
Par Martin Boissier, Bureau d’études Contrechamp.
Le
dispositif "Nouveaux Services Emplois Jeunes" (NSEJ) a
créé de nombreux emplois dans les champs de l’environnement.
Ainssi, la volonté de démontrer la plus-value environnementale
apportée par ces services a conduit le Ministère de
l’environnement à mandater une réflexion sur
les outils qui pourraient permettre l’évaluation de
cette politique.
Cette
démarche nous entraîne dans une réflexion préalable
sur les notions d’ "évaluation" et de "plus-value
environnementale".
Tout
d’abord, le concept d’évaluation renvoie aux
champs de la compréhension et du jugement. L’engagement
d’une démarche d’évaluation permet à
la fois de structurer un projet, de mobiliser et réguler
un partenariat en favorisant la transparence des actions en amont,
et de rendre compte de l’usage des fonds, de faire des retours
d’expériences et de préparer la valorisation
des réalisations pour transposer les acquis en aval.
Ainsi,
des principes de base concernant la mise en place d’une démarche
d’évaluation peuvent être énoncés
:
- Intégrer
l’évaluation le plus tôt possible dans la construction
d’un projet.
- Construire des critères et indicateurs réalistes
afin que la démarche d’évaluation reste pragmatique
et n’engage pas les moyens destinés initialement à
l’action.
- Consacrer des temps d’échanges aux outils d’évaluation
entre les acteurs en vue de faciliter les consensus à chaque
étape du projet.
D’autre
part, la notion de plus-value environnementale reste complexe en
raison de l’absence de causalités linéaires,
et nécessite donc la prise en compte d’interactions
fortes. Il s’agit bien sûr de définir un état
initial à partir duquel l’évolution pourra être
mesurée, mais aussi dans le cadre du dispositif NSEJ, de
rendre compte de l’impact "socio-environnemental"
de cette politique de création d’emplois.
Or,
l’évaluation du rôle du dispositif NSEJ dans
la structuration et la professionnalisation de ce secteur d’activité,
ou encore dans l’émergence de nouveaux métiers
parfois difficiles à cerner sous-entend l’utilisation
d’indicateurs ciblés, tels que :
- L’évolution
des bénéfices directs qui rend compte de la solvabilité
des services.
- L’évolution
des partenariats et des pratiques des "usagers finaux"
des actions environnementales.
- L’évolution des relations entre les acteurs associés
à la mise en œuvre du projet (décloisonnement,
multiplication des échanges notamment).
- L’identification des innovations en termes de cohérence
territoriale, d’interactions entre domaines d’activité,
d’intégration commune des logiques initialement sectorisées.
L’éloignement
des critères purement environnementaux pour évaluer
la plus-value environnementale vers la prise en compte de notions
liées plus globalement au Développement durable semble
évident.
Cette
étude a ainsi permis la définition de clés
d’évaluation en vue de structurer les démarches
d’évaluation liées aux services issus du dispositif
NSEJ et des services environnementaux en général.
Cette réflexion ouvre de nouvelles perspectives afin de développer
le questionnement sur cette problématique, en fonction du
contexte et des enjeux de chaque projet : aux porteurs de projet
de se l’approprier et d’identifier leurs propres indicateurs.
Pour télécharger cette
synthèse de la 3ème conférence Tee
- cliquer ICI. Contact
: Dominique Larue
- Tél. 03 85 82 12 27.
http://www.teebourgogne.org/
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