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14 mai 2009
91ème séminaire de l’OIPR - Les collectivités territoriales face à la crise économique et ses implications dans le champ de la gouvernance territoriale.

MEEDDAT - Paris.

Séminaire de l’O.I.P.R. n°91 (Observatoire International de Prospective Régionale).

Lors de l’élaboration du programme des séminaires OIPR de l’année 2008-2009, en septembre dernier, donc au moment de l’éclatement de la crise financière nous écrivions ceci :

« La crise financière que le monde traverse ne va pas, comme dans le syndrome du nuage de Tchernobyl, s’arrêter aux portes des collectivités locales. Le quasi effondrement du système financier international marque le passage de l’univers de l’économie financière et bancaire à l’univers de l’économie réel à une vitesse foudroyante. Faute de crédit, deux secteurs risquent de se retrouver dans l’oeil du cyclone: les secteurs de biens d’équipement des ménages, notamment l’automobile et l’immobilier, et ceux des biens d’équipement des entreprises, comme l’outillage industriel, et l’ensemble des équipements physiques et immobiliers requis pour assurer le développement normal des entreprises. Une économie de survie réduite à la consommation courante, avec une forte inflexion à la baisse risque d’entraîner un véritable cataclysme social, avec des millions de personnes à la rue. Les recettes fiscales des collectivités locales risquent de baisser et leur capacité d’emprunt se réduire à néant, alors que les dépenses de solidarité devraient fortement augmenter au moment où les transferts sociaux d’origine nationale ou européenne risquent de se réduire du fait des limites de capacité d’emprunt des Etat. Le syndrome de l’Islande, en quasi situation de faillite, à la suite de la faillite de l’une des banques de ce petit Etat, donne à réfléchir…

« L’omniprésence des enjeux liés à la gestion à court terme pourrait avoir pour conséquence une marginalisation de la prise en considération des enjeux du long terme, notamment la lutte contre le réchauffement climatique, la réalisation des équipements collectifs nécessaires à la vie sociale des populations résidentes. Une mise en sommeil de nombreux projets risque de s’en suivre, qui ne feront qu’accentuer le processus de crise, en le faisant passer d’un horizon de court terme à un horizon de long terme. Ce phénomène serait dédoublé par l’accroissement des disparités socio-économiques territoriales, entre d’un côté les collectivités qui ont une eu dans le passé une gestion prudente et les autres, les territoires qui ont depuis longtemps pris le virage des technologies de demain dont la base économique est relativement dynamique, et ceux qui essayent de préserver, sur un mode défensif, leur potentiel économique et industriel, mais avec une différentiation entre des économies locales à dominante industrielle à contenu technologique moyen sur des marchés d’exportation mondialisés (« middle tech »), les plus fragiles, comme l’industrie automobile, et les territoires basées sur un couple d’économie de service résidentielle et d’économie productive à marché local, assez nombreux dans le pays, et qui jouent le rôle d’amortisseur de crise. D’autre part il faut tenir compte de la variété du portefeuille d’activité. Plus cette variété est faible et plus il est orienté vers les marchés internationaux et plus les risques de chocs sont forts. Ce qui est le cas de nombreux bassins d’emploi en France, notamment en milieu rural, alors que les grandes métropoles, au premier chef la métropole francilienne, devraient manifester une plus grande capacité de résistance. Diversité de situation donc, et risque de fractures brutales dans un certain nombre de cas.

« Cependant, le scénario d’une descente aux enfers globale n’est pas une fatalité. Il existe sur le long terme des leviers de croissance importants en France: la croissance démographique en France et dans le monde, qui est un puissant moteur économique, le progrès inépuisable des technologies de l’information, qui représentent des gisements de productivité importants, le virage, à peine amorcé, en faveur de technologies et de modes de vie durables, l’ensemble de ces facteurs peuvent donner une nouvelle perspective, en particulier en France. La situation actuelle apparaît de plus en plus comme une transition entre deux époques, celle d’un développement « sans conscience », hyper consommateur de ressources naturelles et profondément inégalitaire, et un modèle de développement sobre et économe en exploitation des ressources naturelles, et basé sur la satisfaction des besoins réels et sur une gouvernance plus « consciente », davantage tournée vers l’intérêt collectif et l’avènement de « scènes publiques » de débat et de portage de projets.

Télécharger la plaquette et le bulletin d'inscription.

A signaler : Les actes du séminaire du 14 mai 2009 seront publiés dans le n° 12 de la revue Territoires du Futur, revue entièrement dédiée à la prospective territoriale.

http://www.reperes-oipr.com/

>> MISE EN LIGNE LE 28 AVRIL 2009.

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