
La gestion des déchets en France trouve un levier considérable
avec la loi du 15 juillet 1975 relative à l’élimination
des déchets et à la récupération des
matériaux. En 1992, de nouvelles dispositions légales sont venues renforcer l’activité en
identifiant et réglementant la valorisation,
la prévention, l’organisation, la récupération,
le recyclage, le tri… En parallèle, le comportement
des ménages face au tri des déchets et leur sensibilité à
la protection de l’environnement ont également évolué.

Le
contexte législatif et ses échéances programmées
contribuent à l’émergence de nouvelles filières…
Les labels, les écobilans et les écoaudits jouent
également, de manière plus indirecte, un
rôle favorable sur l’évolution des marchés.
La gestion des déchets, sous toutes leurs formes, s’est
ainsi développée et complexifiée, évoluant
vers une technicité et une valorisation de certains matériaux
sur un marché pérennisant son existence. L’animation,
la formation et le marketing ont trouvé sur la filière
déchets des points d’ancrage et de spécialisation
importants.
Sur
le plan humain, des changements considérables apparaissent…
Le traitement, le recyclage et la valorisation des déchets
nécessitent la création de nouveaux emplois. Mutation
de métiers traditionnels ou nouvelles ressources plus techniques,
ces emplois en devenir suggèrent une certaine dynamique du
secteur.
Il convient dès lors d’appréhender
le plus justement possible sa capacité réelle à
générer des emplois, à les caractériser
au mieux pour mettre en œuvre les modalités d’accompagnement
nécessaires à leur consolidation, à leur développement
et à leur pérennisation.

L’ADEME, en collaboration avec la Région Rhône-Alpes
et la DIREN, a souhaité mieux appréhender la filière
déchets afin d’apporter des réponses aux questions
suivantes :
Quels emplois, quels nouveaux services, quelles
activités dans le champ de la gestion des déchets
en Rhône-Alpes ? Quelles perspectives de consolidation et
de développement ?
D’après
les sources récentes sur le sujet en
Rhône-Alpes, "c’est aujourd’hui 9 000 emplois
répondant à des services marchands et
non-marchands". C‘est aussi "un secteur d’activités
en mouvement". En effet, "sur l’ensemble de la région,
l’intercommunalité, les installations de traitement
et de valorisation des déchets, les collectes sélectives
ou plus généralement la réglementation et les
technologies, nécessitent un suivi en continu."
Parallèlement, le Programme "Nouveaux Services",
a fait apparaître des besoins et des perspectives complémentaires
dans ce domaine.
C’est
sur ces bases que le réseau Territoires environnement emplois
(Tee), mandaté par ses partenaires, a fait réaliser
une étude visant à :
 Identifier les emplois/activités/services actuels de l’ensemble
de la filière de la
gestion des déchets en Rhône-Alpes (ménagers,
industriels, hospitaliers… ).
 Caractériser
les profils des emplois existants.
 Dégager
les perspectives de consolidation et de pérennisation de
ces emplois et des métiers identifiés.
Réalisée par le bureau d’étude ADAGE
environnement, cette étude apporte de nombreux éclairages.
Les principales conclusions sont ici présentées…

Le champ de la gestion des déchets englobe une
multitude d’activités qui s’exercent au sein
de familles extrêmement diverses de déchets et d’employeurs.
Autrefois caractérisée par une forte proportion de
postes pas ou peu qualifiés, la filière déchets
bénéficie désormais d’une offre particulièrement
large en matière d’emplois.
Il existe une grande diversité de savoir-faire, de compétences,
de connaissances et de métiers. Qu’il s’agisse
de métiers spécifiques ou plus généralistes,
le secteur des déchets a ses particularités fortes,
qui demandent une adaptation constante.
> Cercle des activités directes ou indirectes, liées à la gestion des déchets dans leur ensemble.

L’industrialisation
récente du secteur permet le développement d’emplois
hautement qualifiés, tant sur le plan de l’organisation
que sur des missions d’ingénierie ou de recherche de
nouvelles solutions industrielles.
Les agents de maîtrise et techniciens d’encadrement
viennent logiquement renforcer
les effectifs de ce marché : les évolutions technologiques
ont largement contribué à
l’essor de ces métiers, sans entraîner de disparition
d’emplois non qualifiés.
Le contexte actuel permet d’envisager des marges de progrès
incontestables. Les conditions de croissance de la filière déchets, outre le contexte législatif et financier,
peuvent également trouver un appui dans ses ressources internes,
en valorisant et enrichissant chaque métier vers une ou plusieurs
activités complémentaires qui lui donnent un nouveau
sens.
L’émergence de certaines fonctions démontre
la dynamique actuelle : études et recherches, conception
et ingénierie, conseils aux entreprises ou aux collectivités,
fonctions technico-commerciales, ou de laboratoires, communication
auprès du grand public, négoce… sont autant
de ressources aujourd’hui nécessaires pour accompagner
le développement de ce marché.
L’environnement a permis des promotions internes au sein des
entreprises. Il représente aujourd’hui des postes qualifiés
et reconnus par les employeurs, souvent ouverts à des recrutements
externes.

Traditionnels ou nouveaux, certains métiers symbolisent l’avenir
de la filière. Représentatifs du contexte actuel et
des besoins émergents, ces emplois apparaissent comme des
“témoins-clé”, des indicateurs de progrès
pour toutes les activités liées aux déchets.
De la collecte au traitement, le déchet connaît de
nombreux transferts et déplacements.
Les métiers liés à cette activité ne
nécessitent pas a priori de qualification particulière.
Ils trouvent davantage leur spécificité dans les conditions
dans lesquelles ils s’exercent. L’hygiène et
la propreté représentent une grande part des activités.
L’urbanisation fait appel à des emplois, peu reconnus,
qui évoluent aujourd’hui notamment avec la technicité
des engins de nettoyage. La préoccupation sociétale
croissante pour la santé devrait conforter ce secteur d’activités.

500 à 1 000 postes à
créer dans les années à venir.
Des ordures ménagères aux déchets des activités
agricoles, des farines animales aux pneus… De l’ensemble
des activités concernées par les déchets, objet
de l’étude, certains secteurs apparaissent particulièrement
moteurs, d’autres enregistrent une stagnation liée
aux déficits d’équipements… Au total,
la région Rhône-Alpes peut prétendre à
un gisement d’emplois évalué entre 500 et 1000
postes, tous domaines activités confondus.
Ces emplois sont, le plus souvent liés à des activités
émergentes présentant des capacités de consolidation.
Ils viennent compléter soit des demandes plus spécifiques
attachées à une filière, soit des demandes
plus polyvalentes, faisant écho à un marché
en mutation. La qualification des filières, la qualification
et l’évaluation du potentiel en emplois, les particularités
de chaque métier, et enfin les principales conditions d’émergence
sont identifiées et analysées.
La mutation de ce potentiel en “réalité de marché”
dépend, à l’avenir, de la mobilisation de ses
nombreux acteurs.
Le rythme des constructions des équipements nécessaires,
les décisions des pouvoirs publics, l’accompagnement
des ressources humaines… tels sont, entre autres, les moteurs
déterminants pour l’avenir du secteur.

Si le marché permet d’envisager de manière positive
l’avenir, l’offre d’emplois doit suivre
la demande. La formation apparaît ainsi comme l’un des
facteurs-clés du développement.
Différents besoins sont déjà identifiés
: des besoins liés aux métiers de l’artisanat,
ou
encore des besoins propres aux métiers de l’insertion,
et enfin des attentes dans le
secteur de la récupération.
La région Rhône-Alpes bénéficie d’une
bonne connaissance des activités du déchet. Elle dispose
également d’une évaluation qualifiée
du gisement d’emplois qu’elle pourra générer.
Plusieurs centaines d’emplois existent véritablement
en Rhône-Alpes dans ce domaine. Cette étude améliore
la connaissance de la filière et ouvre des perspectives :
le réseau Tee et ses partenaires peuvent, avec vous, contribuer
à son développement.
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